Repo

Un repo, dont le nom juridique français est pension livrée, est le surnom mondialement utilisé qui a été donné aux États-Unis aux repurchase agreements, ou accords de rachat, importants instruments financiers du marché monétaire.



Catégories :

Taux d'intérêt - Finance - Thèmes généraux de finance - Finance de marché - Marché interbancaire - Marché financier

Définitions :

  • repos - Temps d'arrêt dans la croissance du végétal. (source : truffaut)

Un repo, dont le nom juridique français est pension livrée, est le surnom mondialement utilisé qui a été donné aux États-Unis aux repurchase agreements, ou accords de rachat, importants instruments financiers du marché monétaire.

Introduction

Il s'agit en substance de l'habillage, sous la forme juridique de deux transactions au comptant en sens inverse et décalées dans le temps, une cession suivie d'un rachat au terme de l'opération, du refinancement d'actifs financiers négociables (obligations, BTAN, certificats de dépôt, actions, etc. ) à un taux d'intérêt négocié entre les deux parties contractantes, le prêteur des titres et le prêteur du numéraire.

Le prêteur des titres est par conséquent l'emprunteur du numéraire et , en face de lui, sa contrepartie le prêteur d'argent est l'emprunteur des titres.

Taille du marché

Selon l'ISMA, International Securities Market Association, organisation professionnelle internationale des marchés financiers, l'encours des repos en vie dépassait, fin 2004, 8.000 milliards de dollars américains, principalement à particulièrement court terme (moins de trois mois). À peu près 45% étaient libellés en dollars ainsi qu'à peine moins l'étaient en euro.

Cadre juridique

Dans la zone euro, le repo a remplacé particulièrement rapidement dès 1999 les anciennes formes juridiques nationales de refinancement de titres, et suit quasi-universellement la convention-cadre mise au point par l'ISMA.

Il y a, par le repo, transfert certes temporaire mais entier de la propriété des titres du prêteur à l'emprunteur de ceux-ci. Surtout, les coupons éventuels tombant au cours du repo restent propriété de l'emprunteur des titres, et il convient par conséquent d'en tenir compte dans le calcul des flux de l'opération.

Le repo a par conséquent l'ensemble des apparences et caractéristiques d'une vente au comptant suivie d'un rachat, sauf le traitement comptable et fiscal qui, lui, est celui d'un prêt/emprunt de numéraire, et qui ignore la partie "titres" de l'opération.

Pour des raisons fiscales, on utilise mais aussilquefois dans certains pays une variante nommée en anglais le Sell and Buyback, soit par conséquent vente avec rachat, qui se matérialise entièrement, elle , par deux transactions au comptant, pour laquelle il existe aussi une convention-cadre de l'ISMA.

Deux objectifs bien différents

Il existe en fait deux segments bien différents du marché du repo, bien que le plus souvent ils soient dévolus aux mêmes équipes :

Le vrac

Le marché dit du vrac (en anglais : general collateral ou GC), véritable marché monétaire-bis, est de loin principal de ces deux segments en termes de montants. Comme il apporte une sécurité accrue comparé à des dépôts interbancaires classiques, il est en train de supplanter le marché monétaire respectant les traditions et sa part dans les montants traités augmente chaque année.

Structurellement, on trouvera plutôt comme prêteurs de titres sur le marché du repo en vrac les banques d'investissement et les assureurs, cherchant à refinancer leurs positions en titres, et plutôt comme prêteurs d'argent les organismes de gestion collective, surtout pour le compte de leurs OPCVM monétaires.

Le spécifique

Le marché dit du spécifique représente, lui, une petite partie des volumes, mais une part énorme des marges dégagées globalement par les repos. Le cadre juridique est le plus souvent le même, quoiqu'il existe en France depuis le milieu des années 1990 un contrat type de prêt de titre, qui n'a jamais véritablement réussi à s'imposer.

Plus un titre est demandé, plus bas seront les taux de repo auxquels il se traitera. Il peut même s'agir quelquefois de taux d'intérêt négatifs, pour des titres ponctuellement rares. Le profit des prêteurs de titres viendra du replacement aux taux du marché monétaire de l'argent reçu en garantie.

On trouve, sur ce segment de marché, une quasi-inversion des rôles respectant les traditions tenus sur le marché du vrac : les banques d'investissement y cherchent le plus souvent à emprunter des titres, pour assurer la couverture ponctuelle de leurs positions, avec en face d'elles les détenteurs structurels de portefeuilles de placement, c'est-à-dire les assureurs et organismes de gestion collective.

Flux financiers

Les flux financiers d'un repo conclu à un taux d'intérêt in fine T sont généralement les suivants :

M2 = M1+Trac {D2-D1}{360})

Décote

Plus le crédit du vendeur de titres (= emprunteur du numéraire) est élevé aux yeux de sa contrepartie, et plus M1 pourra être proche de la valeur de marché VM des titres. Par contre, l'application d'une décote (le rapport (VM - M1) /VM) ) importante aura pour objectif de limiter le risque de crédit supporté par le prêteur du numéraire. En limitant les capacités de refinancement de l'établissement vendeur des titres, elle aura aussi pour conséquence de diminuer l'importance des risques que ce dernier peut prendre sur les marchés financiers.

L'application par les principales banques d'investissement américaines et européennes, pour des raisons de concurrence commerciale, de décotes trop faibles à certains hedge funds aux cours des années 1990 a génèré indirectement une crise majeure du dispositif financier international à l'été 1998. Le fonds Long Term Capital Management avait pu ainsi bâtir et refinancer des positions gigantesques sur les marchés de taux d'intérêt, équivalent à plusieurs dizaines de fois les fonds qu'il gérait, dont la liquidation a requis l'intervention active des banques centrales.

Appels de marge

Afin d'assurer la plus grande sécurité des transactions, et en sus de la décote peut-être appliquée, les titres sont le plus souvent réévalués périodiquement, et des appels de marge en numéraire permettent de réajuster le montant effectivement prêté suivant les fluctuations du marché.

Repo renouvelable

Certains repos sont conclus pour une durée indéterminée ou pour une durée déterminée pouvant être reconduite tacitement. Une partie peut y mettre fin en prévenant l'autre avec un préavis (généralement 24 ou 48 heures) qui a été convenu originellement. Dans ce cas, le taux du repo est le plus souvent fixé comparé au taux variable au jour le jour (par exemple EONIA -0.25%)

Anciennes formes juridiques françaises

En France, jusqu'à l'adoption des lois définissant la pension livrée sur le modèle anglo-saxon du repo en 1993-1994, les formes juridiques utilisées, faute de mieux, pour le refinancement de titres étaient :

Ce dispositif faisait courir un risque systémique important à la totalité de l'industrie financière française.

Voir aussi

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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