Doctrine des effets réels

La doctrine des effets réels est une théorie de création monétaire de l'époque de l'économie classique, actuellement supplantée par la théorie quantitative de la monnaie.



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Politique monétaire - Finance - École classique

La doctrine des effets réels (anglais : Real Bills Doctrine) est une théorie de création monétaire de l'époque de l'économie classique, actuellement supplantée par la théorie quantitative de la monnaie.

Cette doctrine est surtout énoncée dans les écrits de John Law (1705), de Simon Clement (1710), d'Adam Smith (1776), de Charles Bosanquet (1810) et de Thomas Tooke (1845).

L'idée principale de la doctrine est que n'importe quel bien (et pas uniquement un stock de métal précieux tel que l'or ou l'argent) peut servir de base à l'émission monétaire ; il suffit pour cela qu'il ait une valeur suffisante, et qu'il puisse être liquidé assez rapidement (on parlait typiquement de 60 jours, mais les instruments financiers modernes permettent de rendre liquide et fractionnable n'importe quel bien de valeur, même des immeubles par exemple) pour apporter la contrepartie indispensable pour rembourser les billets de banque émis. La monnaie correspond à la fraction du capital mis en circulation.

Ainsi par exemple, si on admet qu'un institut d'émission monétaire (une banque par exemple) peut émettre 1 µ par gramme d'or dans ses coffres, en garantissant qu'elle rendra 1 g d'or pour chaque µ qu'on lui présentera, la théorie affirme qu'elle peut émettre tout autant de µ qu'elle détient d'effets réel valant au moins tout autant d'or et aisément vendables. Pour maintenir la convertibilité en or de ses billets, si le public lui réclame leur remboursement, l'institut récupèrera l'or indispensable grâce à ces effets, différentes méthodes étant envisageables : les vendre, les utiliser comme garantie pour obtenir un prêt ou émettre des obligations (sur le marché financier), etc.

Dans ce cadre la monnaie est endogène, au contraire de la théorie quantitative de la monnaie qui la voit comme exogène.

Implications : Monnaie fiduciaire, crédit, etc.

Dans le cadre de cette doctrine, le concept de monnaie fiduciaire est inutile : la monnaie est toujours garantie par quelque chose, même dans le cadre d'un cours forcé. Ce qui rend envisageable l'acceptation pour une valeur de 10 € d'un billet, bout de papier sans valeur intrinsèque, c'est la réalité qu'il y a bien pour 10 € de marchandises correspondant à ce bout de papier qui a tout moment peut être acquis avec ce billet ; en l'absence de cette marchandise, même la force publique serait impuissante à maintenir la confiance en la valeur du billet (comme cela arrive dans les épisodes d'hyperinflation : les acteurs économiques contournent l'obligation d'accepter le billet à sa valeur faciale en augmentant leur prix puis, si on fixe le prix autoritairement, en cessant d'alimenter le marché officiel au profit d'un marché noir où les prix et la monnaie sont plus libres).

De même, il n'y a pas d'effet multiplicateur du crédit : tant que l'émission monétaire correspondant au crédit est garantie par un actif, elle est légitime et correspond uniquement à une mise en circulation (sous forme de monnaie) d'un bien (celui qui garantit le prêt)  ; ce n'est par conséquent pas la banque qui créer de la monnaie en faisant crédit, c'est l'emprunteur qui met en circulation une monnaie préexistante (dont la banque ne fait que vérifier la réalité et la valeur). La monnaie correspond uniquement à une reconnaissance de dette réelle, qui s'augmente ou se réduit à proportion que des dettes sont contractées ou remboursées.

De même mais en sens inversement, si la valeur en bourse d'une action de la compagnie Total est de 40 €, cette compagnie peut en émettre tout autant qu'elle le souhaite à ce prix sans que ça change quoi que ce soit à la valeur des actions préexistantes : la somme collectée, à raison de 40 € par action nouvelle, suffira par définition à rembourser à la demande les actions émises. Une telle opération réduira la quantité de monnaie en circulation mais augmentera pour précisément la même valeur la quantité d'actions Total à la disposition du public, pour un résultat strictement semblable : à tout moment l'actif et le passif reste semblables.


Inflation / déflation

Dans ce cadre, la valeur de la monnaie est dépendante de la valeur des actifs qui sont utilisés comme garantie pour l'émission monétaire. Si les évolutions physiques et économiques de ces actifs en font diminuer le prix, la valeur de la monnaie en souffre (ex : la chute du système de Law suite à la dévalorisation des colonies supposées garantir la valeur des billets)  ; inversement une hausse de la valeur des actifs sous-jacent cause une augmentation de la valeur des billets en circulation ou justifie une augmentation de leur émission.

Notes et références


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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